La laine, un problème ?

La laine, un problème ?  240-wool

 

 

 

 

 

La plupart des gens n’ont aucune idée de ce qu’endurent les moutons. Souvent mutilés et castrés sans le moindre antalgique, puis exposés au vent glacial comme aux pires canicules dans les bateaux qui les transportent à l’autre bout du monde, ils sont finalement égorgés, encore pleinement conscients. Quant à la tonte en elle-même, il ne s’agit pas, comme beaucoup le croient, de soulager les moutons d’un surplus de laine. Sans intervention humaine, les moutons ont une quantité de laine optimale, qui leur fournit une isolation efficace contre le froid et la chaleur.
Les moutons sont des individus qui ressentent douleur, peur et solitude, comme les autres animaux. Mais à cause du commerce dont ils font l’objet, ils sont traités comme de simples machines à produire de la laine.

Ce qu’on ne vous dit pas…

L’Australie est le principal producteur de laine. On y élève surtout des moutons mérinos sélectionnés génétiquement pour présenter un maximum de replis de peau et donc de laine. Ce surplus de laine artificiellement provoqué entraîne la mort de nombreux animaux pendant les grandes chaleurs. Les replis de peau retiennent aussi urine et humidité, ce qui attire les mouches. Celles-ci y pondent leurs œufs, et les moutons sont littéralement dévorés vivants par les larves.
Pour prévenir ce problème, les éleveurs australiens découpent des morceaux de chair sur les agneaux, sans la moindre anesthésie. Malgré cette opération barbare, les blessures sont bien souvent infestées avant d’avoir eu le temps de cicatriser.
Quelques semaines après leur naissance, les agneaux ont les oreilles perforées, la queue coupée et les mâles sont castrés par la pose d’un élastique destiné à couper la circulation sanguine, une méthode particulièrement douloureuse.
Chaque année, des centaines d’agneaux meurent de froid ou de faim avant d’atteindre l’âge de huit semaines. De nombreux moutons adultes meurent aussi de faim, en raison du manque de soins ou d’abris appropriés.
Mais au lieu de réduire le nombre d’animaux de chaque troupeau (des milliers d’animaux, en général) de façon à pouvoir mieux s’en occuper, on en fait naître davantage pour compenser les « pertes ».

L’enfer en haute mer

Lorsque les moutons vieillissent et que leur production de laine n’est plus désirée, ils sont vendus et envoyés à l’abattoir. Chaque année, 6,5 millions de moutons vivants sont exportés d’Australie vers le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord dans de terribles conditions.

Les traversées durent des semaines voire des mois. Les animaux sont entassés les uns sur les autres sur plusieurs étages, exposés aux pires chaleurs comme aux froids les plus mordants. Beaucoup tombent malades ou bien sont étouffés ou piétinés par leurs congénères qui tentent de ne pas perdre l’équilibre ou de se frayer un chemin jusqu’à un point d’eau, quand il y en a.

Le taux de mortalité à bord de ces bateaux est de l’ordre de 10 %, et les animaux blessés ou malades sont souvent broyés vifs ou jetés par-dessus bord.

Embarqués sur le Cormo Express à la fin de l’été 2003, plus de 50 000 moutons partis d’Australie ont enduré la canicule, la faim et la soif, au point que 5 000 d’entre eux en sont morts. Refoulés par les autorités sanitaires de l’Arabie Saoudite, ils ont erré en haute mer pendant 70 jours dans des conditions épouvantables.

En Europe, les animaux entassés dans des bétaillères voyagent jusqu’à cinquante heures d’affilées, souvent sans nourriture ni eau. En 2002, un rapport du Parlement européen a finalement recommandé de limiter à huit heures le transport d’animaux vivants, sous la pression des associations de protection animale. Quand les survivants arrivent à destination, c’est-à-dire, dans bien des cas, un pays dont la législation en matière d’abattage est inexistante ou insuffisante, on les égorge sans le moindre étourdissement préalable.

La tonte, une intervention douloureuse

Les moutons sont tondus chaque printemps, juste avant qu’ils ne se débarrassent naturellement de leur manteau d’hiver. Cette tonte prématurée, au moment où la laine est la plus abondante, fait mourir de froid de nombreux animaux.
Les ouvriers tondeurs, payés au volume et non à l’heure, se préoccupent davantage de leur productivité que du bien-être des animaux, car cette tonte est effectuée
au ras de la peau avec des ciseaux mécaniques

Pas que les moutons…

Pour obtenir du cachemire, les chèvres dont la peau présente des « défauts » sont généralement tuées avant d’atteindre l’âge de deux ans. Les industriels annoncent d’emblée aux éleveurs qu’ils doivent s’attendre à supprimer entre 50 et 80 % de leur cheptel s’ils espèrent satisfaire aux normes de qualité en vigueur. Les peaux lainées ou retournées impliquent la mort de jeunes agneaux. Le shahtoosh, qui se vend à des prix records, celle des antilopes du Tibet, dont l’espèce est menacée. Attachés sur une planche, les lapins Angora se débattent violemment et sont blessés par les tondeuses. Les coussinets délicats de leurs pattes sont atteints d’ulcères à force d’être tailladés par le grillage des cages. Les mâles, qui produisent moins de laine que les femelles, sont souvent tués à la naissance.
La laine est souvent considérée comme une matière inoffensive puisque sa tonte ne provoque pas la mort du mouton. pourtant, derrière son commerce se cache bien des souffrances animales. Le museling, pratique australienne consistant à trancher le flanc des moutons en est la preuve. De plus, le commerce laineux provoque aussi et souvent des morts très douloureuses pour les ovidés exportés vers le Moyen-Orient. Il existe pourtant des laines qui ne cachent pas de souffrances et même des alternatives, synthétiques ou non.

Le commerce de la laine est essentiellement concentré en Australie qui détient, à elle seule, presque un tiers du commerce mondial.

Les principaux pays producteurs de laines en 2005 (selon l’organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) :Rang mondial  ;  pays ;   production en tonnes

  • 1, Australie, 508 791
  • 2, Chine, 400 000
  • 3, Nouvelle Zélande, 230 000
  • 4, république islamique d’Iran, 75 000
  • 5, Royaume uni, 60 000
  • 6, Argentine, 60 000
  • 7, Inde, 51 400
  • 8, fédération de Russie, 46 000
  • 9, Soudan, 46 000
  • 10 Turquie, 46 000

Place aux alternatives

Heureusement, les alternatives à la laine, comme la maille polaire, ne manquent pas. Le dernier-né de la gamme, Polartec Wind Pro, est un tissu high-tech fabriqué essentiellement à partir de bouteilles de plastique recyclé. A la fois imperméable et capable d’évacuer la transpiration, il offre quatre fois plus de résistance au vent que la laine.

Autre nouveauté : le Tencel, une fibre qui respire, durable et biodégradable.

Mais il existe depuis longtemps toute une gamme d’autres matériaux éthiques qui peuvent avantageusement remplacer la laine : acrylique, peau lainée synthétique, flanelle de coton, etc.

Petit rappel

  • le mohair (chèvres)
  • l’angora (lapins),
  • le pashmina et le cachemire (chèvres),
  • l’alpaga ( lama),
  • le cuir
  • les fourrures (chats, chiens, rongeurs, renards, visons, castors …..)
  • Le museling : pratique visant à enlever, à vif, la peau de l’arrière train des agneaux, afin d’éviter que les asticots de la mouche bleue (ou ” à viande”) ne viennent s’établir sur le postérieur des moutons. Les éleveurs leur pèlent cette partie du corps expliquant que ces asticots sont très dangereux et qu’ils tuent rapidement et douloureusement les moutons.L’association PETA dénonce cette pratique barbare durant laquelle les moutons sont enchainés à une barre métallique à défaut d’être anesthésiés. Selon elle, des éleveurs auraient déjà trouvé d’autres alternatives comme des produits chimiques ou des régimes alimentaires spécifiques évitant la ponte des mouches. L’association a réalisé une vidéo commentée par la chanteuse Pink.

    De plus, ces moutons, exportés vers le Moyen-Orient dans une insalubrité complète, sont égorgés comme le veut la tradition et sont souvent découpés avant d’avoir rendu leur dernier souffle.

Source PETA

6 réponses à “La laine, un problème ?”

  1. 3 02 2011
    caroline (19:07:15) :

    Bonjour, je trouve cet article très bien fait mais malheureusement incomplet. En effet, je partage moi aussi cet amour et respect des animaux mais je pense qu’il est dommage de ne pas citer les laines issues d’élevages bio.
    En effet, les plastique recyclés (polaires), tencel, acrylique et autre fibres synthétiques ne sont pas des alternatives respectueuses de la nature et des animaux puisque ce type de procédés industriels est gourmand de pétrole, solvants, colorants, additifs en tout genres qui polluent allègrement les sols et les mers par leurs rejets et tuent donc indirectement de nombreuses espèces vivantes . (je ne veux même pas imaginer sur qui sont faits les tests de toxicité, quand sont créés ces nouvelles matières)
    Il me semble que la solution la plus sage actuellement est donc d’acheter de véritables laines à des producteurs locaux, aller voir l’élevage, voir si les bêtes sont bien traitées etc…et si l’on ne peut se déplacer, de se fier aux étiquettes: »organic wool », « laines bio »etc
    Moi je me fie au labels bio et biodynamie car j’ai l’occasion de rencontrer pas mal d’éleveurs et tous respectent leurs animaux. Si ils ont choisi cette logique agricole et ce cahier des charges si rigoureux, c’est entre autres choses parce qu’ils ne veulent pas que leurs bêtes souffrent.
    Je précise que je ne suis pas éleveuse mais travaillant dans le domaine du textile, je sais de quoi je parle.
    Ce type de laine est maintenant très facile d’accès, Rowan en produit mais également Rico et bien d’autres.
    Je préciserais juste une dernière chose, quant aux poils de lapins angora, n’hésitez-pas à rappeler que leurs poils sont arrachés et non tondus, ce qui devrait être absolument interdit!
    cordialement
    Caroline

  2. 22 12 2011
    crapo (01:15:42) :

    Bonjour,
    Je viens de prendre connaissance de l’article ci dessus, et je suis outrée par certain de vos propos.
    Certes je ne remet pas en question votre avis sur certaines pratiques comme le musling (tout au moins dans la facon de faire) ou certains modes de transport beaucoup trop long pour les animaux destinés aux abbatoirs.
    Mais pour ce qui est de la tonte alors là vous etes tout à fait dans le faux.
    Si l’on ne tond pas une brebis, sa laine (qui n’est pas du poil d’hiver) ne tombe pas toute seule. Et au fil du temps, la toison pousse de plus en plus, créant chaleur et humidité sur le dos de la brebis qui devient alors un nid à parasite. De plus la laine peut feutrer creant ainsi une carapace lourde et inconfortable.
    Certes en austalie la laine est une grosse source de revenu pour l’eleveur, mais en france par exemple, la tonte est rarement rentable et meme souvent tres honnereuse pour les eleveurs (certains eleveurs brulent ou enterrent la laine tellement elle a peut de valeur). Preuve que ça n’est pas pour l’argent que l’on tond mais bien pour le confort de ces dames (les brebis..) La tonte des moutons est non pas un acte barbare mais bien un soin d’hygiene INDISPENSABLE pour leur santé et leur bien etre. Et si le tondeur va vite,la bete est plus vite relachée, son stress est donc de moindre durée, c’est un des objectif de la methode de tonte.
    Sur ce bon soir et que VIVE LA LAINE!!!

  3. 26 07 2012
    crado (11:21:04) :

    Bonjour,
    Merci pour cet article.
    Je suis toujours outrée par certains commentaires dès qu’on essaie de défendre une liberté autre qu’humaine, pour certains la liberté reste celle de l’Homme…….
    Les gens confondent aussi très souvent, par ces temps médiatiques, respect de l’environnement, écologie, et respect de l’autre en tant qu’individu.
    Ne pas acheter de laine et aussi un acte de refus de l’élevage, des abattoirs, de l’animal-marchandise.
    Pour ce qui est de connaitre l’éleveur(Bio) qui traite bien ses bêtes, etc….je ne suis pas radicalement contre, encore faut-il trouver cet éleveur et qu’il traite véritablement bien ses animaux(c’est à dire en pensant toujours à leur bien être et en les gardant jusqu’à la fin fin de leur vie)….

  4. 10 12 2012
    Dominique (13:31:30) :

    Quand on clic
     » pashmina et le cachemire  »
    dans votre article avec l’idée d’avoir des infos, en ce qui me concerne, on tombe sur une pub
    Au secours !!!

  5. 27 03 2014
    Lisa (12:57:31) :

    Salut !

    Dis moi, je suis végétarienne, je travaille à la protection des animaux et de l’environnement et je suis sur le point de pas mal voyager donc évidemment la question de la laine de mérinos me vient, mais j’ai franchement du mal à m’imaginer porter quelque chose comme ça.

    Cela dit, je me demande quand même, peut on savoir si il y a des fermes qui agissent avec un réel respect de l’animal et produisent de la laine avec un bon traitement ? Est-ce que tu en connais ? Est-ce qu’on peut garantir ça dans certains endroits ? Si tu as des infos sur la question, ou quiconque, je prends !

    Merci !

    Lisa

  6. 1 10 2014
    Mel (16:23:18) :

    J’avais déjà vu un sujet sur la laine qui m’a profondemment choquée.
    Moi qui voulait me tourner vers des textiles animals.. ben ça me fait réfléchir à deux fois.

    J’ai mal au cœur en imaginant la vie d’un mouton destiné à faire de la laine. Blessé, mutilé, charcuté… Pauvre bête. Je suis végétarienne, et au plus les jours passent, au plus je ne changerai pas d’avis.

    Mais je me demande bien où acheter de la laine, une laine qui a été « faite » dans le respect du mouton. Mouton dans un pré, mouton tondue certes à la rapide, mais sans repartir avec un flan blessé ou un coup de tondeuse maladroit…

    Je continue mes recherches.

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